Sauvegarde des archives sur la question juive au Commissariat Général - Publié le : 3/07/2008


Archives sur la question juive au Commissariat Général 

Après six ans de travaux, les archives du Commissariat général sur les questions juives et les Service de restitution des biens spoliés ont finis d'être microfilmé. La restitution des microfilms afin de les communiquer au public a été accompagné d'une grande cérémonie, le 26 mars 2008  à l’hôtel de Soubise, en présence de Martine de Boisdeffre, directrice des Archives de France, d’Isabelle Neuschwander, directrice des Archives Nationales et d’Anne-Marie Revcolevschi, directrice de la FMS.

- Des archives essentielles afin de comprendre la Shoah

Conservées aux Archives nationales sous le nom d’AJ38, ces archives rassemblent deux fonds principaux. Le premier, produit par le Commissariat général aux questions juives, a été créé en mars 1941 ; le second provient du Service de restitution des biens des victimes des lois et mesures de spoliation, institué en janvier 1945.

Essentiellement constitués de dossiers individuels (environ 80 % de l’ensemble), ces documents illustrent principalement la politique du gouvernement de Vichy à l’encontre des Juifs : mesures législatives (promulgation du second statut des Juifs du 2 juin 1941), applications de ces mesures (contentieux, enquêtes, etc.), aryanisation économique, propagande, contrôle des organisations juives, de l’UGIF en particulier (Union générale des Israélites de France, organisme représentatif unique mis en place par Vichy).

- Un fonds très consulté et en danger

Jean Matteoli est le dirigeant de La Mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France, créée en 1997 qui exploita ces archives pour inventorier et évaluer des restitutions déjà réalisées, des spoliations non restituées, ainsi que des fonds en déshérence. Celle-ci recommanda également la création de deux organismes que sont la CIVS (Commission d’indemnisation des victimes de spoliation) chargée à partir de 1999 de répondre aux demandes individuelles d’indemnisation, et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, dont la dotation provient des sommes en déshérence qui étaient restées dans les banques et institutions publiques. Elle recommanda également de prendre des mesures visant à favoriser l’ouverture de ces archives au public et à garantir leur conservation pour les générations futures.

En effet, les archives furent dès lors très consultées, tant par les chercheurs que par les familles à la recherche de personnes disparues pendant la Shoah. Des mesures de sauvegarde préventive s’imposaient afin d’éviter la détérioration de documents particulièrement fragiles (papier friable, encres instables, etc.).

- La communication et diffusion des archives

Ces archives sont désormais intégralement consultables aux Archives nationales et très prochainement au Mémorial de la Shoah. Dans le cadre d’un partenariat entre ces deux institutions, elles font l’objet depuis 2007 d’actions éducatives, à destination notamment des classes de troisième et de première. Celles-ci viennent en matinée aux Archives nationales pour des ateliers thématiques : la vie quotidienne à Paris sous l’Occupation, Vichy et les spoliations, et, prochainement, les camps d’internement en France. L’après midi, les classes se rendent au Mémorial de la Shoah où les élèves reprennent ces thèmes en présence de témoins directs.

La mise en ligne de l’inventaire, publié en 1998 par les Archives nationales, et la numérisation des microfilms devraient intervenir dans les prochaines années.

- SOURCE : http://www.fondationshoah.org/FMS/spip.php?article451

 


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