Deuxième partie : Le sort des enfants et des adolescents dans le système concentrationnaire I) Dans les camps de concentration
Dans les camps de concentrations, les nouveaux nés étaient soit tués soit utilisés pour les expérimentations médicales
Les pratiques n’étaient pas les mêmes selon les camps. On peut voir différents témoignages de rescapés qui relatent ce qui s’est passé.
- Les enfants tués
Lorsque l’on prend l’exemple de Ravensbrück, on peut voir que 375 femmes accouchèrent dans ce camp et que toutes moururent ainsi que leurs enfants. Dans les premières années, les enfants étaient noyés dans des bassines ou alors étranglés devant leurs mères, et, étant donné leur résistance à l’asphyxie par l’eau, l’agonie du bébé durait parfois de 20 à 30 minutes. Par la suite, ils mourraient de faim ou d’épuisement. Généralement les nouveaux nés ne dépassaient pas l’âge de 3 mois. Les mères étaient obligées de reprendre le travail immédiatement après avoir accouché.
Mais, la plupart du temps, les bébés en bas âge mourraient durant le transport vers les camps de concentrations dans les trains ou alors ils étaient gazés dès leur arrivé avec leurs mères. - Les enfants utilisés pour les expériences médicales
Si les nouveaux nés ne mourraient pas à la naissance, ils étaient utilisés pour des expériences scientifiques notamment la vivisection. Ces expériences scientifiques se déroulaient dans un endroit appelé le « Revier » qui était une sorte d’infirmerie ou l’on soignait les blessés mais ou, plus généralement, on tuait les patients. Le Dr Eysele était le pire médecin qui effectua les plus grandes horreurs sur leurs patients et qui les amputait vivants. -Les nouveaux nés rescapés
On a pu voir l’exemple de quelques enfants nés dans les camps de concentrations et qui furent rescapés comme 3 petits Français, un petit Polonais et un petit Autrichien qui furent sauvés grâce aux autres prisonniers qui étaient envoyés dans un commando de travail. Ils furent sauvés sur le plan alimentaire. Ces 4 bébés rescapés furent les seuls parmi les 845 bébés décédés dans ce camp.
Le camp de Terezin
Le camp de Terezin fut à l’origine une forteresse édifiée au XVIIIième siècle par l’empereur Joseph II et elle présente un exemple de forteresse bâtie dans l’esprit du classicisme. Avant de devenir une prison pour les prisonniers de guerre mais aussi pour les détenus politiques et les opposants au régime de Habsbourg. Elle fut ensuite transformée en juin 1940 en prison de
De la naissance du ghetto, jusqu’au 20 avril 1945, près de 140 000 personnes passèrent à Terezin. 87 000 d’entre elles furent déportées en particuliers dans les chambres à gaz de d’Auschwitz Birkenau. Moins de 4000 survécurent. Description du camp de Terezin
Le complexe de Terezin est divisé en trois parties :
- la forteresse principale
- la petite forteresse et la « porte d’eau » supérieure et inférieure
- la ville de garnison
La forteresse militaire avec ses puissants bastions et ses casemates souterraines est restée presque intacte.
Pendant la seconde guerre mondiale, la ville fortifiée fut transformée en camp d’internement pour la population juive de tous les pays d’Europe et la petite forteresse servit de prison à
La plupart des prisonniers étaient soit des opposants au régime, soit des résistants, soit des juifs.
Le ghetto de Terezin devait à l’origine être un camp d’accueil et de passage réservés aux juifs de Bohême et de Moravie. Mais il devint rapidement un mouroir. Le ghetto remplit donc trois fonctions :
- un lieu de transit
- de décimation (plus de 20% des prisonniers y périrent)
- de propagande
Sort des enfants dans le camp de Terezin
Le premier train arrive à Terezin l'ancienne forteresse transformée par les nazis en ghetto juif le 24 novembre 1941. Les enfants arrivaient avec leurs parents, dans la majorité des cas. Mais certains étaient déjà orphelins, ou avaient été séparés de leurs parents au hasard des événements liés à la guerre. Leur âge, l’époque de leur arrivée, et les contraintes dues au surpeuplement plus ou moins fort dans le ghetto, ont constitué des facteurs dont dépendait le mode de vie, qui n’était pas choisi. Terezin, de puissantes murailles en briques rouges, des casemates obscures, humides et froides, des fossés qui pouvaient à tout moment être remplis d'eau de la rivière, A l’époque Terezin n’était encore qu’un camp limité aux casernes, et la ville elle-même encore laissée à une partie de ses habitants, des emplacements et aménagements particuliers furent conçus pour les enfants dans les divers établissements occupés déjà par les hommes ou les femmes. Lorsque la ville fut totalement vidée de ses habitants pour installer uniquement les Juifs, plusieurs grands bâtiments furent affectés à ces projets d’enfants. Sans avoir de statistiques exactes, c’est bien la majorité des enfants qui ont vécu de manière collective. L’évacuation totale de la ville fut achevée le 1° juillet 1942. Au total, ce furent onze “ Maisons d’enfants ” qui furent ouvertes et gérées pour accueillir environ 55 à 60 % des 15.000 enfants qui vécurent, pour la très grande majorité, la dernière partie de leur vie à Terezin. Seulement 1000 d’entre eux survécurent. Inge Auebacher fait parti des ces 1000 rescapés « A l'âge de 7 ans, je fus déportée avec mes parents dans le ghetto de Theresienstadt en Tchécoslovaquie. Lorsque nous arrivâmes, tout nous fut confisqué, à l'exception des vêtements que nous portions et de ma poupée, Marlène. Les conditions de vie dans le camp étaient atroces. Les pommes de terre avaient autant de valeur qu'un diamant. J'avais faim, j'avais peur et j'étais malade la plupart du temps. Pour mon huitième anniversaire, mes parents m'offrirent un petit gâteau de pommes de terre agrémenté d'une pincée de sucre ; pour mes neuf ans, des vêtements de poupée confectionnés dans des guenilles ; et pour mes dix ans, un poème qu'avait écrit ma mère. » . Elle fut libérée Le 8 mai 1945.Ce cadre matériel n’est que la partie visible de l’édifice conçu par le Département du Bien-être et de
Le camp de Buchenwald
Les nazis déportèrent des adultes, hommes et femmes, mais des enfants aussi.
Ceux qui ne furent pas assassinés dans les camps de mise à mort immédiate (Auschwitz, Treblinka, Chelmno etc.) se retrouvèrent à Buchenwald.
La plus douloureuse des expériences fut d'abord pour eux la séparation brutale de avec leur mère.
Beaucoup d'entre eux, avant d'arriver à Buchenwald, avaient d'abord connu d'autres camps, survécu aux marches de la mort lorsque fin 44 et début 45, les camps d'Europe de l'Est furent évacués à l'approche des troupes de libération soviétiques.
Ces orphelins au passé assassiné racontèrent aux armées de libération américaines, anglaises et soviétiques en 1945, avec précision et objectivité, ce qu'avait été leur réalité concentrationnaire.
Le pire ne leur était pas arrivé à Buchenwald, où ils trouvèrent au contraire, une résistance extraordinaire qui s'organisa autour d'eux pour leur survie.
Neuf cents enfants sortirent vivants du camp de Buchenwald le 11 avril 1945. Tout fut mis en œuvre pour soustraire les enfants à brutalité, la cruauté et la pédérastie des certains SS et criminels du camp, les nourrir, et même les instruire.
Il fut créé une "école clandestine" à Buchenwald !
On ne peut parler des enfants de Buchenwald sans citer le nom de quelques hommes exceptionnels, qui parmi d'autres risquèrent quotidiennement leur vie pour celle des enfants.
A la Libération le 11 avril 1945, le plus jeune n’avait que quatre ans.
Un des plus jeunes prisonniers libérés au camp est né le 6 décembre 1939. Il s'appelle Janek Szlajtsztajn. Ce dangereux terroriste a été arrêté en juin 1942 à l'âge de trois ans et demi et interné dans un camp de travail avec son père. Grâce à son caractère facile et sa santé robuste il a pu survivre malgré les souffrances et les privations les plus inimaginables. L'important pour lui c'est d'échapper aux sélections périodiques organisées par les S.S. pour éliminer les malades, les éléments non productifs.
Après avoir transité dans plusieurs camps, il est arrivé le 20 janvier 1945 dans un transport venant de Czenstechowa. Il a reçu le matricule 116543 et a été affecté au block 62 dans le petit camp. Grâce à la vigilance du Comité de résistance interne, il a pu rester dans le même block avec son père jusqu'à la libération.
Ce n'était pas le seul enfant de cet âge dans le camp. En effet, le premier qui est arrivé à Buchenwald au mois d'août 1944 venait aussi de Pologne. Il a été introduit au camp par son père dans un sac. Né le 28 janvier 1941, il s'appelle Juschu Zweig.
De ce jour, le Comité interne clandestin a conçu un programme de sauvetage, pour ces enfants voués à l'extermination. Dorénavant tous les enfants de moins de seize ans arrivant par les transports successifs sont isolés et répartis par petits groupes dans différents blocks sous la vigilance permanente du comité.
Le danger qui guettait ces jeunes était de différentes natures. Entre autres la lutte contre la pédophilie. Le milieu concentrationnaire avait engendré une tendance très minoritaire mais effective pour l'homosexualité. Chaque chef de Block, à qui les enfants étaient confiés, veillait personnellement à leur protection.
Le camp était un vivier d'esclaves où on puisait une main d'oeuvre quasiment gratuite pour l'industrie de guerre. Et ces petits bras affaiblis et inutiles, nourris à perte, constituaient un défi aux yeux des seigneurs du Reich. Il fallait donc soustraire les enfants à leur vue, en employant des ruses, en prenant des risques pour les personnes impliquées. Parfois des interventions très intenses sont nécessaires pour empêcher un enfant de partir pour Auschwitz où une mort certaine l'attend.
Par suite de l'avance de l'Armée Rouge, de nombreux camps de concentration et leurs Kommandos à l'est de Berlin sont évacués vers le centre de l'Allemagne. Pendant l'hiver 1944/1945, de nombreux convois arrivent à Buchenwald. Tous ces prisonniers avant d'être embarqués sur les trains ont accompli des marches forcées à pied, dans la neige et le froid, parmi eux de nombreux enfants.
Le camp est surchargé en quelques mois, la population a doublé en nombre. Pour faire face, devant une telle situation, le block 66 dans le petit camp fut réservé uniquement pour les moins de seize ans. Les très jeunes sont toujours dissimulés à travers le camp dans les blocks "Politique". Parmi les très jeunes qui actuellement se trouvent à Paris, certains sont membres de notre association.
David PERLMUTTER, 8 ans - Mle 116731 au block 8. En 1945, David était déjà vétéran. Il avait derrière lui trois ans de vie concentrationnaire. En 1943, il "travaille" dans une verrerie. Il est chargé d'apporter de l'eau aux ouvriers des fours. L'usine fonctionne 24 heures sur 24. Il fait partie d'une équipe qui, une semaine sur trois, travaille de nuit. L'enfant n'est pas dispensé de sa tâche.
Jacques FINKEL, 11 ans - Mle 124538 au block 49. Jacques fait partie des miraculés car il est venu d'Auschwitz où il a été tatoué. Avant l'évacuation de Blechhammer, Kommando d'Auschwitz dont Jacques faisait partie, le commandant fait procéder à une sélection pour éliminer les malades et les faibles. Dans le climat anarchique, dans la pagaille qui règne chaque fois qu'un camp doit être évacué, Jacques avait trouvé une paire de bottes d'adulte qu'il a enfilées. En passant devant le commandant, celui-ci s'esclaffa devant ce spectacle "klein bist Du, aber hoche Shue hast Du !" (petit tu es mais de grandes bottes tu as) et il le laissa passer.
Quant à Izio ROZENMAN, 9 ans au block 66, il travaillait dans une usine d'armement. Il est déjà derrière les barbelés depuis deux ans. Il est venu à Buchenwald avec son père. Libérés tous les deux le 11 avril 1945, son père meurt quelques jours après, en homme libre, comme des centaines d'autres, épuisés et suralimentés à tort, par ignorance. Il est enterré à Buchenwald. Une plaque commémorative a été déposée en 1996 sur ces fosses communes.
Il faut rappeler que plus de 10 000 enfants âgés de moins de seize ans, déportés de France et envoyés à Auschwitz ont tous été gazés dès leur arrivée. Une demi-douzaine des plus âgés ayant passé la "sélection" ont pu intégrer le camp. Auschwitz-Birkenau, camp d'extermination immédiate pour la grande majorité et camp de concentration pour la minorité n'avait pas d'organisation clandestine comparable à celle de Buchenwald. Cependant, ils ont réussi à dynamiter une partie des installations de mort en 1944 en sacrifiant leur vie. Tous les participants à cette action furent exécutés.
Après la libération, nous étions 430 à quitter Buchenwald vers
En quelques mois, il a fallu tout réapprendre, redevenir enfant, faire semblant de sourire et surtout devenir des hommes "normaux". C'était difficile, éprouvant, mais nous croyons que pour la très grande majorité d'entre nous, nous avons réussi, mais nos plaies ne cicatriseront jamais complètement.
II) Enfants et adolescents victimes d’expériences médicales
Les camps de concentration permirent aux médecins nazis d’effectuer des expériences médicales sur les déportés et entre autre les enfants. Etait considéré comme enfant toute personne n’ayant pas atteint la majorité.
Les «expériences » menées au mépris de toute déontologie médicale pendant le Troisième Reich peuvent être classées en trois catégories :
La première consiste en expériences visant à faciliter la survie du personnel militaire des forces de l’Axe.
La deuxième catégorie d’expériences visait à mettre au point et à tester des médicaments et des méthodes de traitement des blessures et des maladies que les soldats allemands pouvaient subir au combat.
La troisième catégorie d’expériences médicales visait à confirmer l’idéologie raciste nazie. Les plus cruelles furent celles que Josef Mengele mena à Auschwitz sur des jumeaux par exemple.
Le docteur Josef Mengele était un des médecins les plus connus pour ces expériences. Né en 1911 en Bavière Josef Mengele était issu d’une famille aisée et nationaliste. En 1934 il entre aux Sections d’assauts, les SA et 4 ans plus tard à
Il soutient sa thèse d’anthropologie sur le sujet « examen radiomorphologique de la partie antérieure de la mâchoire inférieure dans quatre groupes raciaux » pour prouver la supériorité de la race aryenne (Européen de type nordique).
Il arrive à Auschwitz en mai 1943 en tant que médecin chef de Birkenau. Là-bas il se livre à de nombreuses expériences dont les plus connues sur les jumeaux afin d’étendre plus rapidement la « race germanique ». Il les faisait mettre dans des blocks à part où il les examinait, les mesurait puis disséquait leur cadavre.
Il tenta par exemple une création artificielle de frères siamois en reliant entre elles les veines de deux jumeaux. Il a également injecter le typhus à des jumeaux et les a ensuite assassiner pour les autopsier et étudier la propagation de la maladie.
Environ 1 500 jumeaux lui ont servi de cobayes humains. Moins de 200 survivront.
Devant les yeux hagards des mères, il jetait les enfants vivants dans les flammes d’un bûcher.
En plus des expériences sur les jumeaux, les docteurs nazis entreprirent diverses expériences telles que celles de stérilisation afin d’éviter la propagation des « races inférieures ». C’était le professeur Schumann, lieutenant d’aviation de
Un autre médecin SS, Gebhardt a également pratiqué des expériences sur des jeunes filles au camp de Ravensbrück. En août 1942, une liste d'une vingtaine de noms est appelée. Les prisonnières sont emmenées. D'habitude ce genre de désignation correspond à une exécution. Mais cette fois, pas de bruit de coups de feu. Les femmes, de jeunes étudiantes polonaises de quinze à vingt-cinq ans, ont été emmenées au Revier (infirmerie) et opérées de force. Jusqu'à l'automne 1943, des groupes de huit à dix Polonaises furent ainsi utilisés comme cobayes. Le dernier groupe se révolta et l'intervention eut lieu au cachot. Les 75 « lapins » subirent des opérations similaires sur ordre du médecin SS Gebhardt. Il prélevait sur ces jambes saines des parcelles importantes de muscles, de nerfs, d'os, brisant, taillant, brutalement, du genou à la cheville. Souvent il procédait, dans les plaies ainsi créées, à des injections de cultures de bacilles divers, recréant des conditions d'infection semblables à celles qui se produisent en cas d'accident. Les opérés restaient au Revier des mois, dans le coma les premiers jours, puis retrouvant conscience pour trouver la douleur physique intolérable et la révolte. Pendant ces longs mois, elles étaient l'objet de la curiosité des médecins SS qui venaient regarder et manipuler les plaies infectées, ouvertes jusqu'à l'os, sans tenir compte de leurs souffrances. Six d'entre elles sont mortes après l'opération.
Un autre exemple des atrocités est celui de Bullenhuser Damm. Dans la nuit du 20 au 21 avril 1945, vingt enfants juifs de 5 à 12 ans furent pendus par des médecins SS dans la cave de l’école du Bullenhuser Damm à Hambourg afin de camoufler les expériences médicales réalisées au camp de Neuengamme. On leur avait inoculé des bacilles de la tuberculose puis, afin de vérifier si des anticorps contre la maladie s’étaient formés, on avait procédé à l’ablation de leurs ganglions lymphatiques. Témoignages :
Témoignage d’Irène Hizme et de son frère jumeau René Slotkin, déportés à Auschwitz avec leur mère : « J'étais avec d'autres, je crois qu'ils étaient jumeaux. Mes visites à l'hôpital, je ne crois pas qu'elles aient été aussi rapprochées que pour Irène, et je ne me souviens pas que l'on soit allé inspecter à l'intérieur de mon corps. La seule chose dont je me souvienne, c'est qu'ils m'ont mesuré. Je me souviens aussi du "roentgen", les rayons X, enfin, je suppose que c'était ça, le "roentgen", je me souviens de ce nom, ils l'utilisaient beaucoup, et je devais rester debout ou m'asseoir sans bouger pendant très longtemps pour cet examen. Et il faisait froid partout. Oh, mais ça, c'est juste mon expérience de l'hôpital, ce n'est rien par rapport à ce qu'Irène a vécu là. »
Témoignage de René « Bien sûr, j'ai, malheureusement beaucoup de souvenirs de l'hôpital et du cabinet du médecin. Il me semble avoir passé de longs moments là-bas. Je me souviens aussi être à l'hôpital, très malade. Et je sais qu'un jour, je suis allée dans le cabinet du médecin, ils m'ont prélevé du sang et c'était extrêmement douloureux parce qu'ils me l'avaient pris du côté gauche de mon cou. C'est un souvenir étrange. Je me souviens qu'ils m'ont aussi prélevé du sang au doigt, mais ça allait. Et je me souviens aussi d'avoir dû rester debout, pendant très longtemps pour qu'ils me mesurent, qu'ils me pèsent, ou qu'ils me passent aux rayons X. Je me souviens des rayons X. Et des injections. Je me souviens des injections. Après j'étais malade. Parce qu'alors, j'étais à l'hôpital. Et je me souviens d'avoir eu beaucoup de fièvre parce que je sais qu'on me prenait ma température, quelqu'un le faisait. J'en suis venue à réellement détester les médecins. Je me suis mise à avoir peur. J'étais terrifiée par les docteurs, je le suis toujours. Ils sont un cauchemar pour moi. Il est hors de question pour moi d'aller dans un hôpital et la maladie m'est inacceptable. III) L’extermination
L’exemple du camp d’Auschwitz
La plupart des enfants tués le furent dans les ghettos et les centres d’extermination. Auschwitz joua un rôle particulier car il était à la fois un camp de concentration et d’extermination massive. D’après les documents incomplets, il est possible d’établir que parmi l’effectif total de tous les déportés au KL Auschwitz (1 300 000), il y eut environ 234000 enfants et adolescents. Ce chiffre comprend environ 220 000 Juifs, plus de 11 000 Tziganes, des adolescents de nationalités, polonaise, biélorusse, ukrainienne et russe ainsi que des enfants et adolescents appartenant à d’autres nationalités comme des Français.
Le sort des enfants déportés dans le camp fut dramatique. Tous les enfants de confession juive étaient, en général, tués dès leur arrivée. Seule une partie des adolescents juifs considérés comme aptes au travail fut laissée en vie et enregistrée comme détenus. Toutefois en raison des conditions de vie particulièrement difficiles, ces adolescents mourraient très rapidement. Tous les enfants et adolescents non juifs étaient enregistrés comme détenus mais ils partagèrent très vite le sort de la majorité des déportés et étaient rapidement sélectionnés, du fait de leur faiblesse, pour les chambres à gaz.
Des documents retrouvés, il ressort que quelques jours avant l’évacuation du camp de Birkenau dans le secteur des femmes, 611 enfants de moins de 14 ans (garçons et filles).
Maurice Cling (précité) précise que la survie des enfants était l’exception de l’exception s’ils ne bénéficiaient pas de la compassion d’un Kapo ou d’un chef de block.